SUR LE RÔLE TITRE : FUKUYAMA, MACHINE DRAMATIQUE

Le Professeur Fukuyama dans l’opéra est un personnage de fiction imaginé à partir des éléments documentaires de la vie réelle de Francis Fukuyama. Son état de doute, son mea culpa, sa folie de prédiction, son rapport à ses ancêtres, à sa famille, sont des projections des auteurs de l’opéra à partir de sa vie, mais ne recoupent pas les tournants biographiques du « vrai » Fukuyama.
Il s’agit, dans l’opéra, d’un Fukuyama « potentiel », saisi par l’effroi et la terreur, alors qu’il est en escale, au Japon, de retour d’une conférence à Kyoto, alors que l’Amérique est attaquée : une figure intellectuelle devenue une icône pop rattachée au grand récit de la fin du XXe siècle et du début du XXIe siècle…

 

L’HISTOIRE D’UN HOMME HANTé PAR L’HISTOIRE

Francis Fukuyama, né le 27 octobre 1952, à Chicago, est un philosophe, économiste et chercheur en sciences politiques américain d’origine japonaise. Intellectuel influent, très connu pour ses thèses sur la fin de l’histoire, Fukuyama est actuellement professeur d’économie politique internationale à Standford. Il a été l’un des principaux animateurs du mouvement des néo-conservateurs américains. L’article qui lui a valu sa célébrité a pour titre, The end of History?, publié au cours de l’été 1989, quelques mois avant la Chute du Mur de Berlin. Il en développe les thèses dans un livre publié en 1992, La Fin de l’Histoire et le dernier homme, dans lequel il défend l’idée que la progression de l’histoire humaine envisagée comme un combat entre des idéologies touche à sa fin avec le consensus sur la démocratie libérale. Après avoir apporté son soutien inconditionnel à la politique de George W. Bush dans les années qui ont suivi le 11 septembre 2001, il désapprouve l’invasion de l’Irak. Cela ne l’empêche pas, en 2004, de servir l’administration Bush en tant
que membre du Conseil présidentiel sur la bioéthique. Ses travaux récents sur La Fin de l’homme renouent avec la passion eschatologique qui le caractérise. Au fil des ans, Fukuyama a connu de nombreuses confrontations intellectuelles, notamment avec Huntington, son ancien maître, qui opposait à sa vision “endist” (de “end”, la fin) de l’Histoire, l’idée d’un clash entre civilisations. Ni l’une ni l’autre de ces thèses ne sont reprises par les auteurs de l’opéra. Au contraire, c’est à une vision plus complexe, entre une relance de l’Histoire et un bégaiement médiatique du live, que les auteurs ont travaillé. Malgré quelques critiques émises a posteriori sur les années Bush et son soutien à Barack Obama, Francis Fukuyama a conservé sa foi en une Amérique forte portant les  principes du libéralisme et de la démocratie. Voilà l’une des questions qui n’a eu de cesse d’habiter les auteurs de La Chute de Fukuyama : mais comment peut-on à ce point se tromper et pourtant persévérer dans l’aveuglement ?

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L’heure des conquêtes culturelles de l’Islam, semble-t-il, est passée : l’Islam peut gagner à elle quelques adhérents attardés, mais elle n’a aucun attrait pour les jeunes de Berlin, Tokyo, ou Moscou.

 

Francis Fukuyama dans La Fin de l’Histoire et le Dernier Homme, 1992.